Mon enfant refuse d’aller se coucher, que faire?

Françoise Dolto précisait que deux conditions sont nécessaires pour favoriser l’endormissement de l’enfant : le calme & la sécurité.

Mais comment faire quand on ne sait plus par quoi commencer ? Comment accepter que son enfant se relève dix (quarante ?!?) fois, chaque soir, au moment du coucher ? Comment rester ferme tout en étant bienveillant ? 

 

Aujourd’hui, on reçoit Maelys Le Levreur, coach parental et fondatrice de My Little Coaching, qui a accepté de répondre à quelques questions.

1. Quand peut-on considérer que son enfant a des problèmes au coucher ? 

Je dirais quand vous êtes à côté de lui depuis 2h28 et que vous avez lu 47 histoires, qu’il a bu 14 verres d’eau et que ses cernes dépassent les vôtres le lendemain…;Et, surtout, quand vous savez (parce que vous le savez au fond de vous) que, à son âge, il a besoin de se coucher plus tôt que 22h .

Regardez le et faites vous confiance. Et puis, ” La casa de Papel”, définitivement, ce n’est pas pour lui donc, il n’a rien à faire sur le canapé avec vous !

2. Quelles peuvent en être les raisons ?

Les raisons peuvent être multiples et c’est bien normal, car, comme pour nous, le sommeil de l’enfant n’est pas linéaire. Ceux qui le croient risque d’être déçus…
Votre enfant a des besoins, des émotions, des phases de questionnements et, en plus, des dents qui poussent et un cerveau immature. Avec tout cela, on voit qu’il a besoin de notre accompagnement.

Au moment du coucher, les raisons peuvent donc être multiples :

  • Besoin de remplir son réservoir affectif après une journée loin de vous.
  • Des peurs diverses et variées.
  • Besoin de “tester” un peu la différence entre papa et maman au moment du coucher. Qui lit le plus d’histoires ? 
  • Besoin de se sentir entendu dans son besoin et donc d’être guidé vers son lit même quand il préférerait continuer une boum dans le salon.

3. Jusqu'à quel âge faut-il mettre en place et garder des rituels ?

On peut mettre des rituels en place dès le plus jeune âge mais je les trouve vraiment importants à partir de 8 mois. Le rituel sert à passer d’un état à un autre, je le compare souvent à un sas de décompression entre la journée et la nuit. Nous, adulte, en avons toujours un : toilette, petite crème de nuit, lampe de chevet, livre et mot d’amour à Chérichou.

Nos enfants ont besoin de nous pour “changer” d’état. Alors on parle doucement, on fait des gestes lents, on tamise les lumières, on baille, vous allez voir, rien que ça, c’est déjà beaucoup et pour le reste, histoire ou berceuse, à vous de trouver ce qui vous apaise.

4. Peux-tu nous en dire plus sur "le petit train du sommeil" ?

Le train du sommeil c’est une succession de différentes sortes de sommeil (lent, agité, paradoxal, calme)qui, tous ensemble, forment le train du sommeil. Ce train est plutôt à prendre de nuit et c’est encore mieux quand on en prend plusieurs.
Le nombre de train, la durée du cycles et la qualité (sommeil agité ou calme) varient selon les âges.

Pour prendre le premier train, il est important donc de ne pas louper le passage en gare! Et ce passage c’est le moment où votre enfant a des signes de fatigue. Commencez le rituel au plus près de ces signes et ne le faites pas durer trop longtemps ( 15-20 minutes) sinon vous devrez prendre le suivant, environ une heure plus tard. 
Et, attention, l’excitation de l’enfant peut être un signe de fatigue! 

5. Un refus d'aller au lit est-il un "caprice" ou bien est-ce un problème + profond ?

Je n’aime pas le mot caprice car, il y a derrière une notion de manipulation. C’est plus l’immaturité de son cerveau qui engendre cela. Le fait qu’il soit plus dans l’émotionnel et qu’il n’est pas les mots pour nous exprimer les choses.

L’enfant, avant 4 ans, est aussi en recherche de place : “est-ce moi qui décide et qui sait ce qui est bon pour moi, papa et maman ont l’air un peu paumés là et font toujours différemment.”

Si, au moment du coucher, il sent que vous prenez soin de lui et que vous savez ce que vous faites, que vous ne doutez pas du fait que, si il a bu à 20h02, il n’a plus soif à 20h17, que vous mettez un cadre doux avec de la bienveillance, des câlins par milliers et des mots doux, ça ira car il se sentira sécurisé.

6. Quelle.s stratégie.s mettre en place pour retrouver des couchers sereins ?

  • Décider quelque chose et vous y tenir. Constance et cohérence dans ce que vous faites sinon, il ne s’y retrouvera pas.
  • Toujours “débriefer” avec votre enfant de sa journée et veillez à ce que son réservoir affectif soit plein.
  • Lui expliquer les bienfaits du sommeil.
  • Le prévenir des changements (déplacement de maman, changement de nounou, arrivée d’une petite soeur)
  • Veillez à ce que doudou, tétine et veilleuse soient toujours là.
  • Passez le relais à l’autre si vous n’y arrivez pas
  • Racontez à votre enfant ce que vous faites et NON, vous n’allez pas vous coucher à 20h15, car vous avez une vie, une vie d’adulte qui est différente et riche.

Merci Maelys !